//26 décembre 1969, 4 heures 32, Italie. Un hiver glacial touche le sud de la péninsule, juste dans le talon de cette botte italienne. Antonio Piccolo, un jeune homme né à Bari, la capitale des Pouilles, magnifique région italienne, marchait lentement dans la rue. Il portait d'épaisses moufles blanches, un grand manteau polaire tout aussi blanc que la neige étincelante dans le noir de la nuit, un bonnet blanc et un foulard blanc pour camoufler son visage. Que faisait cet homme, dehors, par un froid qui a déjà tué les plus fragiles SDF de la région? Dieu seul le sait!
La rue était déserte, un chat noir passa alors devant lui.//
**J'en étais sûr... La chance n'est pas avec moi! Sainte Marie, mère de Dieu! Viens à mon aide!**
//Il se dirigea vers un établissement dont une lumière sombre traversait les carreau gras. Un affichage indiquait "Mieux vaut boire ici qu'en fasse". Antonio esquissa un sourire et entra dans le pub nommé "La Cantina", soit "La cave" en français. Le pub était plein d'alcooliques du soir, de filles de joies vêtues très légèrement, d'hommes d'affaire venant prendre du bon temps et, parfois, on voyait même des femmes en colère venants chercher leur mari au bras d'une prostituée. Une voix féminine, rauque, s'éleva derrière lui.//
-Ma Donna! Antonio... Que fais-tu ici? La police te cherche partout, on voit des avis de recherche partout! Ma que fais-tu? Ma... Où est Francesco, ton frère?
-Mamma, scuzi... Francesco a été pris dans une fusillade dans le quartier chaud de Sannicandro! Il est mort dans mes bras. Pace à son âme...
//La vieille femme tomba sur un siège derrière elle, écrasant le pied d'un client au passage. Elle s'effondra alors en sanglot. Après quelques verres de goutte et une vingtaine de mouchoirs, elle put enfin articuler quelques mots.//
-Tu n'as pas répondu à ma question... Que fais-tu ici? C'est du suicide!
-Avant de mourir, Francesco m'a fait promettre de retrouver le butin du dernier cambriolage de banque dans l'église Santa Gianni, il n'a pas eu le temps de finir phrase, il succomba...
//Soudain, la porte du pub/maison close se mit à vibrer et des voix s'en échappait.//
-POLICE! OUVREZ!
//Toutes les filles employée de Ma Piccolo, la mère d'Antonio, filèrent dans le cellier pour faire passer cette maison close pour un vulgaire pub. Mais Antonio savait très bien que c'était pour lui! Ni une ni deux, il se précipita dans les cuisine et sauta dans le vide ordures pour se retrouver derrière le pub. Il couru alors du plus vite qu'il pu, il ne savait pas où il allait, pourquoi il faisait ça, comment il en était arrivé là. Si, ça il le savait, le quartier avait besoin de lui et son frère, un quartier très pauvre dont toute l'Italie se moquait éperdument voir ne soupçonnait même pas l'existence. Ses pieds semblaient courir seuls, sachant pertinemment où ils menaient cet homme éperdu. Soudain, il s'arrêta, il était devant l'église dont parlait Francesco. Il entra en silence. A ce moment, il regretta de ne pas vivre au moyen-âge où personne ne pouvait venir chercher un fugitif dans les lieux saints, même pas la police. Il se précipita vers l'autel, se mit à genoux et pria. Il pria pour son frère, il pria pour sa mère et il pria pour Giuseppe, son petit ami. Il se releva et entra dans le confessionnal, souleva le petit banc du prêtre, le butin était là. Il prit un billet entre ses mains se renifla et éclata de rire, un rire de joie. Enfin la situation du quartier allait s'améliorer. Malheureusement, dans un dernier souffle, son frère n'eut pas le temps de le mettre en garde, il avait recouvert les billets de cyanure. Deux heures après, après quelques spasmes pendant un coma profond, il décéda, réduisant ainsi les chances de survie de son quartier.//